Désobéissance civile

Désobéissance civileDésobéissance civile, 15x4 m, adhésif sur vitre et mur, 2010
Acquisition du Musée Jean Garcin

Nous vous avions demandé d’intervenir sur la façade, pouvez-vous expliquer les multiples étapes de votre cheminement, les différentes réflexions qui vous ont conduit au projet aujourd’hui « intégré » dans le musée ? 

Au début, mes recherches se sont portées sur une occultation totale de la façade, la faire disparaître du paysage en quelque sorte. Mon objectif était de rejouer l’idée de la «planque» des résistants. Un lieu invisible où la vie continue à l’intérieur, une vie qui tente de s’organiser normalement malgré les restrictions.Mais à cause de trop nombreuses contraintes, j’abandonnai cette idée au profit d’un autre angle d’attaque. L’essence de cet élan résistant m’est apparue sur la nécessité de la désobéissance civile en ces moments. Je voulais toucher à quelque chose d’un peu plus universel, ne pas cloisonner l’idée de résistance à une période historique. J’ai donc fait le choix de mettre en relation deux textes théoriques sur la désobéissance civile : un premier de Henry David Thoreau extrait de de La Désobéissance Civile, 1849 et un second d’Étienne de la Boétie extrait du Discours de la Servitude Volontaire, 1549. Ces deux citations et le contenu du musée créaient une filiation dans le temps et l’espace d’une nécessité de survie par la désobéissance. Pour certaines raisons techniques, ce projet n’a pas pu voir le jour, il a cependant fait avancer ma réflexion sur cette idée de filiation transversale.

Désobéissance civileDésobéissance civile, 15x4 m, adhésif sur vitre et mur, 2010
Acquisition du Musée Jean Garcin

Un travail précédent m’avait poussé à réfléchir sur le soulèvement populaire de la Commune de Paris en 1871 et sur les symboles insurrectionnels ; la barricade m’était apparue comme une constante dans cette notion de défense avec les moyens du bord, un geste désespéré. Gardant la citation de La Boétie comme articulation entre le musée et mon intervention j’ai décidé d’appliquer sur la façade une image de la silhouette d’une barricade de la Commune à l’échelle 1/1. La citation se trouve sur le fronton de la mezzanine et sert d’articulation entre la barricade communarde (1871), la Résistance pendant la Deuxième Guerre Mondiale (1939-1945) et la théorie d’un intellectuel de la Renaissance (1549).

Extrait du catalogue de l’exposition. Entretien avec Christine Blanchet, commissaire de l’exposition.

Désobéissance civileDésobéissance civile, 15x4 m, adhésif sur vitre et mur, 2010
Acquisition du Musée Jean Garcin