Camp Joffre, 2008

Camp Joffre, 2008Camp Joffre, 2008,
50x70 cm, affiche offset tirée à 2500 exemplaires à disposition sur une palette, 2010

Il y a toujours dans votre travail une passerelle entre le passé et le présent… il est apparu très vite que vous vouliez intervenir dans l’espace consacré à la vie des Français sous l’Occupation, pourquoi ?

À ma première visite, ce qui m’a le plus touché au rez-de-chaussée du musée, c’est l’efficacité avec laquelle nous pouvions imaginer une partie de la vie des Français à cette période. J’ai été marqué par la multitude de documents qui pourraient être actuels : transformation des moteurs de voitures, la cuisine sans viande, censure des médias... Mes intérêts sont surtout centrés sur l’instinct de « survie » exprimé par les moyens plus ou moins honorables que l’on connaît et sur le fait de garder une conscience politique ainsi qu’une volonté d’engagement malgré les difficultés du quotidien. Je pense que ces questions sont toujours d’actualité. Leur point de rencontre se trouve pour moi dans la symbolique des camps «d’internement» français. De l’extérieur, ils interrogent sur le positionnement face à l’internement arbitraire de gens autour de nous ; de l’intérieur, ils sont un échantillon d’organisation de la société. Mon projet s’est donc orienté sur un possible de la représentation de ces lieux. J’ai choisi de prendre une photographie du camp de Rivesaltes : il a «recueilli» les Espagnols pendant la Retirada, la population juive, les Harkis plus tard et jusqu’à il y a peu un centre de rétention administrative. La photographie est éditée en affiche et mise à disposition du public sous forme d’un tas de feuilles, posées sur une palette. Par ailleurs, je voulais simultanément évoquer la propagande par l’affiche et intervenir sous cet angle.

Extrait du catalogue de l’exposition. Entretien avec Christine Blanchet, commissaire de l’exposition.